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28.12.2010 2:34
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Pierre-Auguste Renoir est né à Limoges le 25 février 1841 dans une nombreuse famille de six enfants.  Son père, Léonard Renoir, était tailleur de pierres.  Sa mère, Marguerite Merlet, couturière.  Ils ont décidé en 1845 d’aller au Paris dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de travail.  À 7 ans, Renoir est entré chez les Frères des écoles chrétiennes. Il dessinait déjà très bien et remplissait de dessins ses cahiers de classe.  Ses parents l’ont retiré de l’école à 13 ans pour qu’il contribue à l’entretien de sa famille.  Il est alors entré dans un atelier de peinture sur porcelaine où, pendant quatre ans, il a peint des fleurs et des bouquets sur des assiettes, jusqu’à ce que l’atelier a dû fermer, en 1858, à causes des procédés d’impression mécanique.  Il commence à travailler alors chez M. Gilbert, où il a peint des fêtes galantes ou mythologiques sur des stores et des éventails.  Il est toujours apprécié par son employeur.

En 1862, il a abandonné son métier pour entrer à l’école des beaux-arts dans l’atelier de Charles Gleyre.  Il a 21 ans et a enfin accompli son rêve.  Mais il doit travailler dur car il lui faut manger, payer l’atelier, les modèles et les cours.  Il y fait la connaissance de Sisley, Bazille et Monet.  Ils ont des préoccupation semblables, ils admirent Delacroix, Corot et Courbet.  En 1864, quand Gleyre prend sa retraite, Renoir et ses amis décident de continuer seuls.  Ils se rencontrent au printemps pour peindre en plein air ou dans le cabaret de la mère Antony, lieu de rencontre des futurs impressionnistes. 

Ces temps son durs pour ces peintres,  ils n’ont pas assez d’argent pour manger et son seul espoir est dans leur art.  Ils veulent qu’on connaisse et apprécie les “impressionnistes” et vont participer aux salons, cependant le jury et le public n’acceptent pas bien cet art en rupture totale avec le classicisme du moment.  En 1864 et 1865 on accepte quelques toiles de Renoir, mais en 1866 et 1867 on refuse ce qu’il envoie.  Enfin en 1868 “Lise à l’ombrelle” est acceptée.  C’est pas encore le succès, il y a la guerre contre la Prusse et Renoir doit rejoindre le corps des cuirassiers.  Il rentre à Paris en 1871.  En 1872 on accepte la toile qu’il a proposée.  Et alors les jeunes peintres créent une société et organisent une exposition parallèle au salon officiel.

La première exposition impressionniste a lieu en 1874, trente artistes y participent (Cézanne, Degas, Monet, Sisley, Renoir...).  Elle n’attire que 3500 visiteurs tandis que 400 000 personnes vont au salon officiel.  On les critique, les traite de fous et la société échoue.  C’est Louis Leroy qui, dans une critique, dit "l'idéal de ces jeunes peintres semble contenu dans le seul mot d'impression" puis d’autres critiques reprendront ce terme.  L’année suivant Renoir a l’idée de faire une grande vente pour récupérer quelque argent mais c’est encore un désastre.  Heureusement il y a quelques-uns qui les aident en achetant quelques toiles.

En 1876, la seconde exposition est organisée.  La critique dit “Cinq ou six aliénés ... s'y sont donnés rendez-vous pour exposer leurs œuvres".  Renoir continue à peindre de façon acharnée mais la troisième exposition des impressionnistes, en 1877, ne marche pas mieux que les précédentes. Il se résigne, par nécessité, à se rapprocher du salon officiel. En 1878, il envoie au salon "La tasse de Chocolat" qui sera acceptée. En 1879, il envoie le "Portrait de Jeanne Samary", accepté, et "Madame Georges Charpentier et ses enfants".  Cette seconde toile sera couverte d'éloges par le Jury.

Georges Charpentier lui offre alors la possibilité d'organiser une exposition individuelle de pastels. Cette manifestation attire sur lui l'attention de nouveaux mécènes comme le diplomate Paul Bérard qui deviendra, plus tard, un ami très proche.  Renoir est enfin connu, il commence à voyager, à profiter de la vie.

En 1881, Renoir va en Algérie mais il est conquis par l'Italie, surtout par Venise, qu'il évoquera dans plusieurs toiles.  Il  est influencé désormais par Raphaël et Ingres.  À partir de ce moment, Renoir doute et remet son œuvre en question. Il s'éloigne de plus en plus de l'impressionnisme, les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides.  Cette période de 1883 à 1888, où il est encore à la recherche du style, est appelé période sèche, aigre ou ingresque.  La toile majeure de cette période est “Les baigneuses”, qui n’est pas très aimé de ses amis, ceux-ci regrettent les traits impressionnistes d’autrefois.

Le 21 mars 1885, son premier fils naît.  Il laisse de côté ses toiles et se consacre à des dessins et toiles sur le thème de la maternité.

Renoir évolue encore vers la période nacrée.   Il infléchit le trait, abandonne la rigueur tout en conservant le modelé de ses sujets.  Délicatesse, forme, couleur, lumière et volupté sont les maîtres mots de cette période.

En 1890, il épouse une modiste, Aline Charigot, avec qui il a déjà fait un enfant.  Il a des crises de rhumatisme et, même si la beauté et la gaieté dominent toujours son œuvre, il continue malade et affaiblie sa vie.  En 1892, Paul Durand-Ruel organise une exposition particulière de 110 toiles.  C'est un triomphe, la reconnaissance pleine et unanime du public et de l'Etat français qui, pour la première fois, achète une toile de Renoir,

En septembre 1894, naît le second fils de Renoir, Jean, qui deviendra un metteur en scène célèbre.

En 1900, Renoir est au sommet de sa gloire, célèbre jusqu’à l’étranger où de nombreuses expositions de ses œuvres sont organisées. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur.  Sa maladie s’aggrave, ses bras et ses mains se déforment, il doit aller près de la Méditerranée tous les hivers.  En 1901, son dernier fils, Claude, naît.  Renoir est reconnu, en 1904, une salle entière lui est consacrée.  En 1905, il est le Président d’honneur.

Dans la fin de sa vie il continue à peindre, même paralysé, des paysages méditerranéens et des nus féminins.  Aline meurt, souffrant de diabète, le 27 juin 1915 à Nice.  Renoir s’acharne à peindre pour oublier son chagrin.

En 1919, il est promu Commandeur de la légion d’honneur et sa toile “Madame Charpentier et ses enfants” est exposée au Louvre.  Il va à Paris pour la revoir mais à son retour la maladie l’emporte, il meurt le matin du 3 décembre à 78 ans.