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28.12.2010 2:34
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La France est appelée, à la fin du XVIIIe siècle, la Chine de l’Europe à cause de ses 28 millions d’habitants; le taux de mortalité diminue grâce à la réduction des épidémies.  Les céréales y poussent partout, mais l’accroissement de la demande produit une hausse des prix depuis un demi-siècle.  Elle vient d’assurer l’indépendance des États-Unis, sa langue est parlée par les élites et les autres cours européennes imitent son Palais de Versailles, cependant l’image que la France offre, est loin d’être celle que l’on espérerait.  Elle présente un aspect inachevé : sa frontière du nord est vulnérable; au sud-est Nice et la Savoie appartiennent au Piémont; Avignon et le comtat Venaissin sont des enclaves pontificiales.  Même à l’intérieur de ses frontières elle est inachevée : Mirabeau en disait “agrégation inconstituée de peuples désunis” et pourtant il existe plus d’unité qu’en d’autres pays tel que l’Italie ou l’Allemagne.  La France a été tout à fait divisée pendant le féodalisme et c'est grâce aux rois qu'elle a été rassemblée.  Cependant les droits seigneuriaux n'ont pas été abolis et les paysans doivent toujours les payer.  D'autre part, les rois, en voulant contrôler tout le pays, ont oublié son origine et affirment d'avoir reçu le pouvoir directement de Dieu.  On n'en doute pas à l'époque.

 La monarchie n’a pas d’argent à cause, dit-on, des longues guerres, de l’expédition américaine, des dépenses de la cour, surtout de la reine, l’Autrichienne, qui n’est pas très aimée du peuple.  Mais le problème le plus grave, peut-être, ce sont les impôts.  Les privilégiés ne les payent pas et leur poids retombe sur les paysans d’une manière inégale.  En tout cas, ils sont mal gérés et rapportent plus aux fermiers généraux qu’au roi.  Il faut de l’argent au roi, et pour cela il lui faut imposer l’égalité fiscale.  Louis XVI et Calonne, son contrôleur, convoquent une assemblée de notables.  Ils ne remarquent pas que celle-ci est composée en grande majorité de noblesm ceux-ci font tomber Calonne et refusent son successeur.  Quand ils sont renvoyés par le roi, ils mobilisent l’opinion contre Versailles.  Le parlement de Paris commence alors à demander la réunion des états généraux.

À tout cela, il faut ajouter une crise général.  À cause du mauvais temps, parfois la sécheresse, parfois les pluies et les inondations, les récoltes sont mauvaises et le coûte de vie s’élève.

La monarchie a perdu crédibilité.  Jusqu'à ce moment-là, le peuple se montre fidèle aux rois.  Mais à cause des échec militaires, de l'immoralité de la cour, de l'incapacité des derniers Bourbons et de la détresse financière il commence à se rebeller.  Louis XIV a voulu tout conquérir et a engagé la France dans des guerres inutiles où elle a été battue.  La cour gaspille l'argent : Marie-Antoinette fait renvoyer Necker à cause du rapport des frais qu’il a publié.  Henri IV est le seul bourbon qui a bien gouverné, les autres se sont dédiés à d'autres choses et ont laissé les affaires du pays à leurs ministres.

Finalement, le roi, convaincu par Necker, accepte de convoquer les états généraux pour mai 1789.  Il renoue ainsi avec une tradition pré-absolutiste interrompue en 1614, lors de la minorité de Louis XIII.  Mais il ne précise pas si les modalités traditionnelles vont être reconduites.  Les états généraux ont été créés afin de conseiller les rois de ce qu’ils doivent faire en ce qui concerne les affaires générales de l’État.  Ils sont composés de représentants, en nombre inégal, de chacune des ordres dans lesquelles est divisée la société à l’époque : la noblesse, le clergé et le tiers état.  Les deux premières, les privilégiés, mènent un train de vie luxueux tandis que le tiers état, auquel appartiennent la plupart de 28 millions de français, vit dans des conditions souvent déplorables.  Celles-ci peuvent être distinguées dans la rédaction des cahiers de doléances que chaque commune doit présenter.

Le tiers état demande une augmentation de représentants et le roi, indécis, cède enfin.  Il se méfie du peuple mais il sait que c’est son dernier espoir pour vaincre les privilégiés.  Les représentants du tiers état demandent aussi le vote par tête et pas par ordre, de sorte qu’ils forment une majorité.

Tous les ordres tiennent á cette réunion, le problème est ce qu’elles en attendent puisque le discours d’ouverture les rend fort déçues.  C’est là que le tiers état se proclame Assemblée Nationale et la Révolution éclate.

Plus qu’un simple changement du système politique, la Révolution a signifié une transformation de la société.  Le comte de Tilly disait "elle fait corps avec la France, elle est enracinée dans son sol, liée autour de sa population et comme passée dans le sang des français".

La révolution a rendu tous les français, du moins dans la théorie, égaux devant la loi et l'impôt.  Pour nous c'est très difficile à comprendre la valeur de ce mot en ce moment-là.  Cependant l'égalité n'a pas touché tout le monde, les bourgeois sont ceux qui en ont profité le plus, pour le reste des français c'était une illusion qu'ils gardaient encore en 1799.

Bibliographie

Bertaud Jean-Paul, Initiation à la Révolution Française, Perrin, 1989.

Risson Paul et G. Mousset, Cours d’histoire contemporaine, Tome 1, La france de 1789 à 1848, 1921.